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Comment partager à plus un gâteau qui devrait diminuer de taille ?

Démographie de l’effondrement

par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

mercredi 2 mai 2018, par JMT

En ces temps de perturbations climatiques à l’échelle planétaire, de pic pétrolier et autres limitations des ressources matérielles, combien serons-nous à la fin du siècle ? Il est difficile de discuter sereinement de décroissance démographique. Dans un débat sur l’avenir du monde, on peut aborder tous les sujets, les chiffre de l’énergie, le climat, l’agriculture, l’économie, mais jamais on ne remet en cause l’ONU : 9 milliards d’êtres humains en 2050, 10 à 12 milliards en 2100.

Démographie de l’effondrement

En ces temps de perturbations climatiques à l’échelle planétaire, de pic pétrolier et autres limitations des ressources matérielles, combien serons-nous à la fin du siècle ? Il est difficile de discuter sereinement de décroissance démographique. Dans un débat sur l’avenir du monde, on peut aborder tous les sujets, les chiffre de l’énergie, le climat, l’agriculture, l’économie, mais jamais on ne remet en cause l’ONU : 9 milliards d’êtres humains en 2050, 10 à 12 milliards en 2100.

Or, ces chiffres ne sont que des projections de modélisation, et sont déconnectés de la réalité. Ces projections se résument ainsi : notre population devrait arriver à 9 milliards en 2050, toutes choses égales par ailleurs. Le problème est qu’au vu des frontières de notre planète déjà décrites dans un article précédent, des événements climatiques déjà en cours, des risques économiques fort élevés d’autres crises, les choses ne sont pas égales par ailleurs.

Combien serons-nous alors ? Les prédictions du Club de Rome et du MIT de 1972, révisées en 2012, nous indiquent un déclin irréversible et incontrôlé de la population humaine à partir de 2030. Ce n’est pas une prévision, il y a de nombreux aléas : inventions géniales ou sursauts humanistes d’un côté positif, guerre totale, astéroïde géant, accident nucléaire, d’un côté négatif.

L’important est de nous illustrer deux visions du monde futur : malthusienne et cornucopienne (la corne d’abondance). Ces deux imaginaires ne sont pas incompatibles, ils se succèdent dans le temps. Les animaux vivent dans un monde malthusien du fait de la chaîne alimentaire. Les humains alternent les deux visions : la phase de croissance d’une civilisation est évidemment cornucopienne, puis les limites du milieu se resserrent autour de la population, ce qui stimule l’innovation technique et repousse les premières limites physiques. Enfin la civilisation heurte les frontières (climat, ressources, complexité et absence de volonté politique), et bascule dans un monde malthusien.

La question est donc de savoir quand notre civilisation industrielle basculera, pour rejoindre le cortège des guerres, famines, et maladies. La mortalité repartirait sérieusement à la hausse, mais la natalité aussi, dans une moindre mesure, car le paradoxe est que dans un monde malthusien l’humanité fait beaucoup d’enfants. Alors que dans un monde d’abondance, la natalité chute (la fameuse transition démographique).

Le regain de natalité, au bord de l’effondrement, ne ferait qu’empirer les choses, en accélérant l’épuisement des ressources. Ces tendances sont décrites dans le rapport du Club de Rome. Et les collapsologues vont bon train pour prédire combien nous serons en 2100. Comment le considérer ? Si l’on pense que l’abondante énergie fossile a amené l’explosion démographique que nous connaissons, il est très perturbant d’imaginer un monde sans pétrole : pas d’engrais azotés par exemple (fabriqués à partir du gaz), moins d’alimentation, on devine la suite...

Enfin les allergiques à la dénatalité argueront qu’il faut d’abord diminuer l’empreinte écologique des pays riches et mieux redistribuer les richesses. Or l’impact d’une population sur son milieu est défini par I = PxAxT, où I est l’impact, P la population, A le niveau de vie, et T le niveau technique.

Ne compter que sur la réduction des deux derniers termes (réduction de la consommation et amélioration de l’efficacité technique) est loin d’être suffisant pour infléchir notre trajectoire exponentielle. D’ailleurs, nulle part dans l’Histoire de l’Humanité, nous n’y sommes jamais arrivés. Et il faut aussi tenir compte de l’effet-rebond de Jeavons (l’introduction d’une technologie plus efficace dans l’utilisation d’une ressource augmente la consommation de cette ressource) et de la consommation ostentatoire. Tout ceci sera vain si la population continue d’augmenter.

La question des limites et du franchissement des frontières démographiques est devenue gênante : préférons-nous être moins nombreux et consommer plus, ou plus nombreux et consommer moins ?

Les rares tentatives politiques de réduction de nos effectifs n’ont pas donné de très bons résultats, et aucun débat institutionnel sérieux n’est mis en place sur ce sujet. Et si nous ne pouvons envisager de décider collectivement qui va naître, et combien, pourrons-nous décider dans quelques années sereinement qui va mourir et comment ? Un avenir à la Walking Dead ?

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID
http://aid97400.re

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MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Jeudi 3 Mai 2018 - 11:11

* Courrier des Lecteurs du Quotidien de la Réunion du

* Courrier des lecteurs de Imaz Press Réunion

LIENS

* De quoi l’effondrement est-il le nom ? : La fragmentation du monde Par Renaud Duterme

Version Kindle Les Éditions Utopia, 20 févr. 2018 - 144 pages

Et si notre civilisation était au bord de l’effondrement ?

Loin d’être réservée aux scénaristes de science-fiction, cette interrogation est de plus en plus pertinente pour de nombreux chercheurs/euses de tous horizons. Les « crises » financière, économique, écologique, climatique, sociale, démocratique, identitaire, politique... ne sont-elles que des « crises », ou assistons-nous à la fin d’un modèle de société qui s’est étendu à l’ensemble du monde en quelques siècles seulement ?

Pour autant, que peut signifier ce concept d’effondrement ?

Devons-nous interpréter l’explosion des inégalités et des tensions sociales comme des signes avant-coureurs d’une nouvelle crise sociale ou comme ceux d’un effondrement civilisationnel, comme ce fut le cas pour l’empire romain ou la civilisation maya ?

Partant de ces questions, ce livre a pour but d’interroger cette notion, en particulier sous l’angle des ségrégations sociales et spatiales. On en vient alors à considérer l’effondrement comme la conséquence probable d’un monde de plus en plus fragmenté, dans lequel coexistent des personnes renfermées sur leur prospérité derrière des murs sans cesse plus hauts, alors que de l’autre côté toujours plus de populations subissent les conséquences des crises multiples.

Une fois analysée sous l’angle de leurs responsables, l’amplification annoncée des catastrophes prend un tout autre visage, permettant à l’auteur de poser les bases d’un nouveau système plus juste et plus durable.

Avec lucidité, l’auteur décrypte les différentes crises qui affectent notre monde et pose un diagnostic chargé d’espoir.

EXTRAIT

Selon le vocable suivi par la majorité des médias et des économistes, nous sommes depuis plusieurs années dans une situation de « crise ». Cette dernière serait non seulement financière et économique mais également écologique, sociale, politique, identitaire, etc. Pourtant, ce que traversent nos sociétés est beaucoup plus profond. Alors que le concept de crise suppose un retour à la « normale », notre civilisation industrielle capitaliste est à bout de souffle, étouffée par ses contradictions internes ainsi que par des limites écologiques toujours plus préoccupantes. D’où l’émergence d’un concept de plus en plus récurrent pour désigner la situation actuelle, celui d’effondrement.

À PROPOS DE L’AUTEUR

Renaud Duterme est licencié en sciences du développement et de la population de l’Université Libre de Bruxelles. Il enseigne la géographie en Belgique et est membre actif du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde). Il est l’auteur de Rwanda, une histoire volée, éditions Tribord, 2013 et co-auteur avec Éric De Ruest de La dette cachée de l’économie, Les Liens qui Libèrent, 2014.

* La Bulgarie menacée d’effondrement démographique
JACQUES HUBERT-RODIER | Le 14/01/18 à 09H23

La Bulgarie vient de prendre la présidence semestrielle de l’Union européenne. Un pays miné par la chute vertigineuse de sa population.

L’enthousiasme au moment de la chute du communisme est un lointain souvenir. « Aujourd’hui la population est encore plus désespérée » que sous Todor Zhivkov, qui a régné en maître pendant 33 ans jusqu’à sa chute le 10 novembre 1989, dit une Bulgare qui a quitté son pays il y a une vingtaine d’années. Elle fait partie des près de deux millions de Bulgares qui aujourd’hui vivent à l’étranger. Cet exode a contribué à un effondrement de la démographie. Au point que la Bulgarie qui a pris, officiellement jeudi dernier, la présidence tournante semestrielle de l’Union européenne, est le pays où la population décroît le plus vite au monde. The Economist évoque même un« incroyable rétrécissement ".

Les prévisions sont alarmantes. Les plus pessimistes voient à l’horizon 2050 une chute à 4,5 millions habitants, les plus optimistes à 5,2 millions contre 7,2 millions actuellement et près de 9 millions dans les années 1980. Mais l’exode n’est pas la seule explication.

« C’est une longue histoire. Le régime communiste avait voté des lois favorables à la natalité en accordant par exemple deux années de congé de maternité. Mais cela n’a pas marché », souligne Natacha Crance diplômée de l’Université de Sofia. Les gouvernements qui se sont succédé ensuite ont adopté nombre de mesures pour arrêter ce déclin, mais également sans succès.

L’appel à des travailleurs étrangers est d’autant plus limité que la coalition au pouvoir comprend des ultranationalistes. Le vice-Premier ministre Valeri Simeonov, leader du « Front national pour le salut de la Bulgarie », est d’ailleurs en charge aujourd’hui de la politique démographique. Ses appels ne franchissent pas les pays voisins comme l’Ukraine ou la Moldavie et il s’oppose à l’arrivée de réfugiés. « C’est un pays replié sur lui-même », dit encore Natacha Crance.

Sans oublier la peur face aux minorités turcophones (environ 700.000 personnes) et roms (300.000). « Il est clair que le vice-Premier ministre Valeri Simeonov déteste les minorités au point de qualifier publiquement les Roms de singes féroces ", selon Daniel Kaddik de la Fredrich Naumann Foundation, cité par DW (Deutsche Welle).

Ce qui mine toute perspective d’avenir pour la population de ce pays, le plus pauvre de l’Union européenne, c’est un lourd système de corruption et de népotisme. Selon Transparency International, la Bulgarie est le pays le plus corrompu de l’Union européenne. Jeudi dernier à l’occasion de l’inauguration de la présidence bulgare plusieurs manifestations ont eu lieu à Sofia avec des slogans, selon l’AFP, comme « la corruption fait la force ". Une réponse à « l’Union fait la force " le mot d’ordre de la présidence bulgare.

@jhrodier

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