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Quand l’Europe patine même là où elle est utile !

Recyclage du plastique : l’Europe en ordre dispersé

par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

jeudi 19 juillet 2018, par JMT

Les Européens s’intéressent de plus en plus au sort de leurs déchets plastiques et c’est une bonne nouvelle. Mardi 10 juillet à Bruxelles, la commission environnement du Parlement a adopté une« stratégie européenne sur les matières plastiques dans une économie circulaire ». Ce rapport d’initiative parlementaire sera ensuite voté en assemblée plénière dès la session de rentrée, en principe le 13 septembre.

Il met entre autres en avant la nécessité de réduire les déchets à la source en développant l’écoconception des objets et, en aval, il préconise le développement d’un marché unifié du recyclage du plastique. Ce texte fait suite au projet de « stratégie européenne sur les matières plastiques » présentée le 16 janvier dernier par la Commission, qui a par ailleurs présenté le 28 mai une proposition de directive visant à interdire l’usage de certains produits plastiques à usage unique, tels que pailles, cotons-tiges ou couverts jetables qui finissent en bonne partie à la mer.

Recyclage du plastique : l’Europe en ordre dispersé

Mardi 10 juillet à Bruxelles, la commission environnement du Parlement a adopté une « stratégie européenne sur les matières plastiques dans une économie circulaire ». Ce rapport d’initiative parlementaire sera ensuite voté en assemblée plénière, en principe le 13 septembre. Il met en avant la nécessité de réduire les déchets à la source en développant l’écoconception des objets et, en aval, il préconise le développement d’un marché unifié du recyclage du plastique. La Commission a également présenté le 28 mai une proposition de directive pour interdire l’usage de certains plastiques à usage unique : pailles, cotons-tiges, couverts jetables.

Il y a en effet urgence. Selon la Commission, les Européens achètent chaque année 49 millions de tonnes de plastique sous toutes formes, en particulier les équipements électriques et électroniques (5,8 %), les automobiles (8,9 %), le bâtiment et la construction (19,7 %) et, surtout, les emballages (39,9 %). Et chaque année, ils jettent la moitié du plastique qu’ils consomment.

Du moins s’agit-il des volumes recensés. Car une partie disparaît dans des filières clandestines de récupération (automobiles, déchets électroniques…), quand ils ne sont pas purement et simplement abandonnés dans la nature. Un nouveau rapport du WWF a consacré un rapport alarmant sur la Méditerranée, devenue un dépotoir sauvage de déchets plastiques, surtout en période estivale : les Européens y déverseraient entre 220 et 630 milliers de tonnes de déchets.

Pour autant, l’Europe a nettement progressé ces dernières années dans la gestion de ses déchets. Sur un total de 27,1 millions de tonnes de déchets plastique collectés en 2016, l’Europe en a valorisé 19,7 millions de tonnes, soit 72,7 %, sous forme d’énergie (par incinération) ou via les filières de recyclage. Cette valorisation a nettement progressé : en 2006, 11,7 millions des 24,5 millions de tonnes alors collectées avaient été valorisées, soit 47,7 %.

Ce mouvement fait reculer la mise en décharge. Mais le recyclage est minoritaire : il représentait, en 2016, 31,1 % des déchets collectés en Europe, quand 41,6 % de la collecte sont incinérés. Dans ce progrès d’ensemble, tous les pays européens ne se valent pas. Sur 30 états (avec la Suisse et la Norvège), dix ont atteint un taux de valorisation qui dépasse les 90 %. Et pour cause : il s’agit de pays qui ont mis en place des réglementations limitant ou interdisant la mise en décharge.

Si les pays d’Europe centrale et de l’Est affichent les plus forts taux de mise en décharge, ils ne sont pas les seuls à être à la traîne. Des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne se distinguent par des taux de valorisation inférieurs à la moyenne européenne.

Les performances des différents états européens en matière de valorisation de leurs déchets plastiques doivent être évaluées à l’aune de leur poids économique. Avec un taux de valorisation de 18,7 %, Malte est peut-être la lanterne rouge, mais cela représente des petits tonnages. En revanche, si le Royaume-Uni, l’Italie, la France, l’Espagne et la Pologne rejoignaient le groupe des pays qui ont sévèrement limité la mise en décharge, cela ferait bondir les taux de valorisation en Europe : ces cinq états représentent à eux seuls plus de la moitié des déchets plastiques collectés.

Il ne faut pas perdre de vue que la principale source de déchets plastiques réside dans les emballages : 61,6 % de l’ensemble en 2016. Il est prioritaire d’agir, d’une part en limitant la consommation d’emballage plastiques (dans le secteur alimentaire et la distribution, notamment), d’autre part en développant les filières de recyclage. Ce dont devraient s’inspirer nos décideurs péi.

Un frein important au recyclage du plastique est le prix des hydrocarbures. Outre les coûts de collecte, recycler du plastique est énergivore. Il sera difficile de développer le recyclage sans neutraliser l’écart de coûts entre la matière vierge et la matière recyclée via la fiscalité environnementale et des mesures réglementaires. Un sujet qui fâche. Il reste à savoir si la « stratégie plastique » que l’Europe met en place lui donnera les moyens de ses ambitions.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID www.aid97400.re D’après Alternatives économiques

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PUBLICATIONS

* Courrier des lecteurs Zinfos974 du Lundi 23 Juillet 2018 - 10:29

* Courrier des lecteurs d’Imaz-Press Réunion du 20 juillet 2018

* Article du QUOTIDIEN du

Pollution Recyclage du plastique : l’Europe avance… en ordre dispersé

Antoine de Ravignan 13/07/2018 Alternatives Economiques

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Les Européens s’intéressent de plus en plus au sort de leurs déchets plastiques et c’est une bonne nouvelle. Mardi 10 juillet à Bruxelles, la commission environnement du Parlement a adopté une« stratégie européenne sur les matières plastiques dans une économie circulaire ». Ce rapport d’initiative parlementaire sera ensuite voté en assemblée plénière dès la session de rentrée, en principe le 13 septembre.

Il met entre autres en avant la nécessité de réduire les déchets à la source en développant l’écoconception des objets et, en aval, il préconise le développement d’un marché unifié du recyclage du plastique. Ce texte fait suite au projet de « stratégie européenne sur les matières plastiques » présentée le 16 janvier dernier par la Commission, qui a par ailleurs présenté le 28 mai une proposition de directive visant à interdire l’usage de certains produits plastiques à usage unique, tels que pailles, cotons-tiges ou couverts jetables qui finissent en bonne partie à la mer.

Chaque année, les Européens jettent la moitié du plastique qu’ils consomment, soit 27,1 millions de tonnes en 2016

Il y a en effet urgence. Selon la Commission, les Européens achètent chaque année quelque 49 millions de tonnes de plastique sous toutes les formes, en particulier dans les équipements électriques et électroniques (5,8 %), dans les automobiles (8,9 %), le bâtiment et la construction (19,7 %) et, surtout, les emballages (39,9 %). Et chaque année, ils jettent la moitié du plastique qu’ils consomment, soit 27,1 millions de tonnes en 2016, d’après les chiffres publiés par PlasticsEurope, le syndicat européen des plasturgistes.

La Méditerranée, dépotoir sauvage

Du moins s’agit-il des volumes collectés recensés. Car une partie des déchets disparaît dans des filières clandestines de récupération (automobiles, déchets électroniques…), quand ils ne sont pas purement et simplement abandonnés dans la nature. Un nouveau rapport du WWF a consacré un rapport alarmant sur la Méditerranée, devenue un dépotoir sauvage de déchets plastiques, surtout en période estivale avec l’afflux de vacanciers sur les côtes. Selon l’organisation écologiste, les Européens y déverseraient entre 220 et 630 milliers de tonnes de déchets de toutes tailles, avec des impacts dramatiques pour la vie sous-marine.

S’il progresse, le recyclage reste encore minoritaire : en 2016, il représentait 31,1 % des déchets collectés en Europe

Pour autant, l’Europe a nettement progressé ces dernières années dans la gestion de ses déchets . Sur un total de 27,1 millions de tonnes de déchets plastique collectés en 2016, l’Europe en a valorisé 19,7 millions de tonnes, soit 72,7 %, sous forme d’énergie (par incinération) et via les filières de recyclage. Cette valorisation a nettement progressé au cours des dix dernières années : en 2006, 11,7 millions des 24,5 millions de tonnes alors collectées avaient été valorisées, soit 47,7 %.

Ce mouvement a fait reculer d’autant la mise en décharge. Toutefois, le recyclage reste encore minoritaire : il représentait en 2016 31,1 % des déchets collectés en Europe, quand 41,6 % de la collecte sont incinérés pour valorisation énergétique.

Dans ce progrès d’ensemble, tous les pays européens ne se valent pas. Sur 30 Etats (avec la Suisse et la Norvège), dix ont atteint un taux de valorisation qui dépasse les 90 %. Et pour cause : il s’agit de pays qui ont mis en place des réglementations limitant ou interdisant la mise en décharge.

Des pays aussi riches que le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne se distinguent par des taux de valorisation inférieurs à la moyenne européenne

Si les pays d’Europe centrale et de l’Est affichent a contrario les plus forts taux de mise en décharge, ils ne sont pas les seuls à être à la traîne. Des pays aussi riches que le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Espagne se distinguent par des taux de valorisation inférieurs à la moyenne européenne.

Les performances des différents Etats européens en matière de valorisation de leurs déchets plastiques doivent être évaluées à l’aune de leur poids économiques respectifs. Avec un taux de valorisation de 18,7 %, Malte est peut-être la lanterne rouge européenne, mais cela ne représente pas des tonnages importants. En revanche, si le Royaume-Uni, l’Italie, la France, l’Espagne et la Pologne rejoignaient le groupe des pays qui ont sévèrement limité la mise en décharge, cela ferait bondir les taux de valorisation en Europe : ces cinq Etats représentent à eux seuls plus de la moitié des déchets plastiques collectés

La matière plastique est omniprésente dans tous les objets de consommation courante ou non, qui finiront un jour ou l’autre comme déchets : caissons d’ordinateurs, tableaux de bord des autos, jouets, appareils électriques, huisseries de fenêtres, cuves et canalisations…

La principale source de déchets plastique réside dans les emballages

Mais il ne faut pas perdre de vue que la principale source de déchets plastique réside dans les emballages : 61,6 % de l’ensemble en 2016. C’est à ce niveau qu’il est prioritaire d’agir, d’une part en limitant la consommation d’emballage plastiques (dans le secteur alimentaire et la distribution, notamment), d’autre part en développant les filières de recyclage des emballages.

La directive européenne emballage (1994) impose un taux de recyclage des emballages de 22,5 %. Cette norme, observée par tous les Etats membres, est aujourd’hui bien trop faible puisqu’en 2016, en moyenne européenne, 40,8 % des emballages collectés sont recyclés. Quatorze pays dépassent ce seuil parmi lesquels aussi bien des pays à revenu élevé (Allemagne, Pays-Bas, Suède, Belgique, Norvège…) qu’à revenu moyen (République tchèque, Estonie Slovénie, Portugal…). Preuve que le recyclage n’est pas seulement une affaire de PIB mais aussi d’organisation et de volonté. Inversement, des pays européens riches affichent des taux de recyclage des emballages très inférieurs à la moyenne européenne, dont la France, à l’avant-dernière place, avec 26,2 %. Elle aura fort à faire si elle veut atteindre son objectif de 100 % de recyclage en 2025.

Un frein important au recyclage de la matière plastique est le prix des hydrocarbures. Outre les coûts de collecte, recycler du plastique est une opération qui consomme de l’énergie. Il sera difficile de développer le recyclage sans neutraliser l’écart de coûts entre la matière vierge et la matière recyclée via la fiscalité environnementale et des mesures réglementaires. Un sujet qui fâche et il reste à savoir si la « stratégie plastique » que l’Europe tente de mettre actuellement en place se donnera les moyens de ses ambitions.

Liens

* Déchet sur Wikipédia

* LBSJS 144 - « Start Up Run In The Air » séance du mercredi 11juillet 2018

* Le Pacte Finance-Climat est présent à La Réunion du jeudi 28 juin 2018,

* CM55- "Make Our Planet Great Again" est resté lettre morte du vendredi 8 juin 2018

* CM51-LES TELES, LOBBYISTES DE LA MALBOUFFE du vendredi 1er juin 2018

* Un scenario post-effondrement : La Réunion en 2050 du lundi 28 mai 2018

* CM47- Emmanuel Macron dévoile son visage dans le magazine Forbes du jeudi 10 mai 2018

* LBSJS 142 - « Sommes-nous trop sur la planète ? » séance du Mercredi 9 Mai 2018

* CM46-La France en déficit écologique dès le 5 mai du mercredi 9 mai 2018

* CAFECO 238 - "Deux degrés avant la fin du monde" séance du mercredi 25 avril 2018

* L’effondrement de notre civilisation est une bonne chose du lundi 19 mars 2018

* CM31- En finir avec le gaspillage alimentaire du mercredi 3 janvier 2018

* CM30- Changement climatique : changer nos comportements du mardi 2 janvier 2018

* Rudologie du 6 Février 2013

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