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30 ème chronique de la Macronésie

Changement climatique : changer nos comportements

par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

mardi 2 janvier 2018, par JMT

Ah le sommet du 12/12/17... il arrive juste 5 ans trop tard pour être remarquable : 12/12/12 ça aurait mieux fait le buzz. Mais à l’époque on se vautrait dans la volte face économique qui fit du capitaine de pédalo un "one term president" (ce qui aux USA n’est pas spécialement élogieux :-) et on n’avait rien à cirer de ces zistoirs, malgré deux ministres EELV au gouvernement, qui, for prudemment, ne s’occupaient ni de climat, ni d’énergie, ni d’agriculture, ni de transports .... rien qui puisse soulever l’ire de corporations dont on a vu plus tard qu’elles pouvaient faire reculer l’Etat et mettre des milliards d’investissements public au rencart !

Comme la COP21 il y a deux ans, il a fait pschitt : dans la première,beaucoup de tralala médiatique, l’interdiction aux dangereux terroristes écolos de manifester leur soutien en public, madame Bravitude prenant la suite de l’ex "jeune premier ministre que j’ai donné à la France" prudemment recyclé pour 9 ans à la présidence inamovible et fort dorée du Conseil Constitutionnel.

Cette fois-ci, beaucoup de tralala, Jupiter soi-même tentant de motiver les foules (il sait mais ça ne sert à rien), les milliardaires (il sait aussi, mais ils se méfient avant d’aligner les gros chèques) et les chefs d’ Etat (il sait encore mais on en est toujours à quasiment +4°C au rythme actuel des mesures mises en oeuvre contre un objectif de +1,5°C ) . Ah mais il a eu le renfort très espéré de notre hélicologiste national qui tel une oie au gavage, avale les couleuvres à un rythme impressionnant sans faillir (ah il aura une fois de plus bien mérité de la Macronésie !) et vient exhiber sa face douloureuse devant ce spectacle affligeant. Signe qu’il se rend compte qu’il va devoir péter un câble pour se faire entendre ? genre boire un grand verre de glyphosate à sa prochaine conférence de presse et agoniser en public pour finir en martyr de la cause écolo ? Car on se demande bien qu’est-ce qui peut toucher les foules, les milliardaires et les chefs d’Etat dans l’inventaire à la Prévert, bien gentillet tout de même, de Bruno ? Car en gros tout ce qu’il cite est réparable (et c’est bon pour le PIB en plus) : le barrage de Glen Canyon a failli être emporté par des crues en 1983/1984 qui n’avaient qu’une fréquence de 25ans du fait d’un évacuateur de crues très sous-dimensionné et défaillant (Comme le barrage d’Oroville en Californie en février 2017 !) et si le débit des affluents baisse il est logique de laisser le plan d’eau plus bas pour diminuer la superficie et les pertes par évaporation... et de compenser en diminuant les gaspillages en aval tels que l’arrosage par aspersion en plein désert ! Idem pour la vallée de la Segura où l’agriculture exportatrice à coup d’irrigation massive, d’OGM, de chimie, de marocains et roumains esclaves n’a pas beaucoup d’avenir (surtout quand en même temps on instaure des interdictions d’exportation en Russie, l’un de leur plus gros marché. Idem pour la Tunisie : avec le réchauffement climatique, les oliveraies très exposées à un biotope changeant ne survivront qu’avec des ombrières et des protections contre les tempêtes de sable. On ne peut pas grand chose pour Saint Louis condamnée par la montée des océans, à moins de découper le sol autour et sous les bâtiments remarquables pour y construire des radiers leur permettant de flotter. Si on veut vraiment protéger la Mer de Glace, il faudrait songer là aussi à des vélums pour intercepter la chaleur solaire (et produire de l’énergie renouvelable par la même occasion). L’Australie est la moins à plaindre, elle dispose à la fois de l’océan tout autour d’elle et d’une insolation record et peut parfaitement produire toute l’eau qu’elle veut avec le dessalement solaire. Certes l’algue est ennuyeuse esthétiquement quand on la laisse pourrir au soleil, mais elle a des tas d’applications économiques dont la fourniture de biométhane pour remplacer les combustibles fossiles. Pour la Chine, le programme de fermeture des mines de charbon, celui qui a décuplé l’installation annuelle de panneaux solaires et d’éoliennes, le programme de barrages hydroélectriques soutenu, l’aménagement continu de transport en commun représentent un effort national coordonné (et planifié sur 30ans) qui laissent sur place les velléités occidentales en général et françaises en particulier. Pour l’Inde, le Pakistan et le Brésil, voilà trois vilains gros canards qui n’ont pas encore tout à fait compris. Même s’ils multiplient les mégabarrages hydroélectriques, l’environnement n’est nullement leur tasse de thé, alors que les conséquences des politiques qu’ils mènent, sur fond de corruption débridée dans les trois cas, prédisent un avenir catastrophique pour le gros de leur population.Et deux d’entre eux sont des puissances nucléaires avérées !

Non le petit Emmanuel et la petite Angela ne sauveront rien du tout, même pas l’Europe qui aurait dû se mettre en ordre de défense contre la guerre climatique et économique, totalement prévisible depuis 1972, qui lui est menée, qu’elle se mène elle-même de surcroit avec un acharnement qui montre que quand elle veut, elle peut.

Alors imaginons quelle catastrophe pourrait sortir les Européens de leur torpeur ? l’équivalent de la grande Peste Noire avec 30% de morts en moyenne qui déclencha un boom économique sans précédent ? mais nous sommes tellement blasés et tellement dans le virtuel que nous risquons de mourir tous avant d’avoir réagi.... en pensant qu’il suffit de faire "reset" pour avoir une nouvelle chance ?

Meilleurs Voeux pour 2018 et les suivantes :-)

Changement climatique : changer nos comportements

Des dizaines de dirigeants sont en sommet le mardi 12/12/17 à Paris pour financer les mesures pour le climat, alors que des régions pâtissent déjà des changements provoqués par l’Homme.

Plus un seul continent n’est épargné. Pollution atmosphérique aggravée, sécheresses, agriculture bouleversée, montée des eaux, tourisme et économie fragilisés... Les conséquences du réchauffement climatique, enjeu central du sommet de financement qui se tient deux ans après la conférence COP 21 sur le climat, affectent tous les pays.

Aux États-Unis, aubarrage de Glen Canyon, construit en 1963, le niveau de l’eau a chuté à seulement 42% de sa capacité.

Au Sénégal, c’est tout le contraire : dans la ville de Saint-Louis, sur la « langue de Barbarie » sablonneuse entre l’Atlantique et le fleuve Sénégal, leur action combinée dévore les maisons et chasse les habitants.

En France, la Mer de Glace de 32km² sur le Mont-Blanc a perdu plus de trois mètres d’épaisseur cette année, trois fois plus que d’ordinaire. En Tunisie, la récolte d’olives, « l’or vert », qui porte l’économie avec des exportations records, est menacée.

En Australie, l’aggravation du phénomène météorologique El Niño pousse les agriculteurs à gérer l’eau et leurs terres. Le pays mise sur la technologie, comme des drones pour surveiller l’état des cultures ou des capteurs pour contrôler à des dizaines de kilomètres des fermes le poids du bétail.

Au Mexique, à Cancún : l’algue marron Sargassum, à l’odeur d’oeuf en décomposition, est de plus en plus présente sur les plages « paradisiaques » appréciées des touristes. Pour les chercheurs, sa prolifération est un indice du réchauffement océanique.

Les semaines de smog persistant en Chine s’alternent avec l’épaisse pollution atmosphérique entre l’Inde et le Pakistan, à des niveaux de polluants records en 2017. Au Brésil l’activité de déforestation est responsable d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’année dernière, 6624km² de forêt amazonienne ont été détruits, d’après l’Institut national de recherches spatiales.

L’Espagne se désertifie : le Tage est à son étiage le plus bas jamais atteint : 10% de son niveau le plus élevé. L’étude des conifères de Castille montre qu’il y a eu dans le passé des épisodes de sécheresse, mais que sur les 16 années de sécheresse record depuis 150 ans, 7 d’entre elles sont postérieures à 2003. Et ce n’est pas en pompant le Tage pour alimenter la Segura du côté de Murcie, permettant l’irrigation des cultures de tomates et d’agrumes dans le sud-est espagnol, qui améliorera les choses.

Et pendant ce temps-là, on tergiverse sur Notre-Dame des Landes, on construit une NRL à La Réunion, on planifie une LGV entre Lyon et Turin, …

Sachant que les activités anthropiques sont à l’origine du réchauffement, elles devraient toutes être mesurées à l’aune de la teneur en CO2 atmosphérique qu’elles sont susceptibles de générer, pour les taxer sévèrement à hauteur de ces émissions. Entre NDDL et Nantes-Atlantique, par exemple, il n’y a pas photo. Pas plus qu’entre un transport ferroviaire et une route sur mer.

Quand je vois Emmanuel Macron faire la bise à Angela Merkel à la conférence « One Planet Summit », le 12 décembre 2017, je me dis, plein d’amertume, qu’ils ne sauveront pas la vie sur Terre.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID http://aid97400.lautre.net

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MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Jeudi 4 Janvier 2018 - 17:48

* Courrier des lecteurs du JIR

* Courrier des lecteurs dans Le Quotidien

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REFERENCES

* Charlie-Hebdo

* L’Express : Réchauffement climatique, ces lieux où la planète en souffre déjà

* Le lac Powell va-t-il disparaître ?

HISTOIRE D’EAU

A +2°C, une planète bien asséchée

Le 03 janvier 2018 par Romain Loury

Un quart de la population mondiale touchée

Même en limitant le réchauffement à +2°C, près d’un tiers de la surface mondiale sera beaucoup plus aride qu’elle ne l’est actuellement, démontre une étude publiée lundi 1er janvier dans la revue Nature Climate Change. Première victime, le sud de l’Europe.

C’est l’objectif fixé par l’Accord de Paris, signé en décembre 2015 lors de la COP21 : limiter la hausse de température à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et si possible à 1,5°C. Or non seulement l’humanité est plutôt sur la piste d’au moins 3°C d’ici à 2100, mais une planète à 2°C sera déjà très périlleuse. En particulier pour le cycle de l’eau, fortement dépendant de la température.

Le réchauffement amplifié par la sécheresse

L’aridité constitue non seulement une menace pour l’agriculture mondiale, mais aussi pour la qualité de l’eau, les forêts et la biodiversité. Et, selon un mécanisme de rétroaction positive, elle pourrait diminuer les capacités qu’ont les sols de stocker le carbone, accroissant ainsi l’effet de serre.

Dans une étude de modélisation publiée dans Nature Climate Change, l’équipe de Song Feng, du département des géosciences à l’université de l’Arkansas (Fayetteville), s’est penchée sur le délai avant émergence de l’aridité (Time to Emergence for Aridity, ToEA), celui au-delà duquel une différence significative d’aridité (ratio précipitation/évapotranspiration) sera observée par rapport aux données historiques (période 1861-2005).

Un quart de la population mondiale

Résultat : en 2100, un scénario RCP4.5 (hausse moyenne de 1,8°C d’ici à 2100, mais de marge d’incertitude de 1,1°C à 2,6°C) entraînera une nette aridification de 42% de la surface mondiale, contre 49% dans un scénario RCP8.5 (hausse moyenne de 3,7°C).

Pas besoin d’attendre aussi longtemps pour que les effets se fassent sentir : dans un scénario RCP4.5, 32% des terres, hébergeant 24% de la population mondiale, auront atteint une aridité dépassant le bruit de fond avant que la température mondiale n’ait dépassé les +2°C.

Dans le cas d’un seuil de +2°C dépassé lors d’un scénario RCP8.5, ce taux sera légèrement inférieur (24% des terres, 18% de la population mondiale), le cycle de l’eau ne répondant pas de manière linéaire au réchauffement et à sa trajectoire.

L’Europe du sud plus vulnérable

Alors que les premiers signes de sécheresse y sont déjà visibles, l’Europe du sud, dont l’ensemble de la France métropolitaine, pourrait être la première région du monde dont l’aridité dépassera le bruit de fond. Et ce avant 2050, de même que pour cinq autres régions : l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, le sud et l’ouest de l’Afrique, les côtes australiennes et le sud de la Chine. Pour l’Amérique du Nord et le nord de l’Europe, le ToEA se situe en revanche après 2050.

En matière de sécheresse, le tournant se situe donc avant 2°C : selon les chercheurs, maintenir la planète sur un objectif de 1,5°C, également mentionné dans l’accord de Paris, permettrait d’éviter à 20% de la surface terrestre (10% de la population mondiale) de devenir plus aride, soit deux tiers de moins qu’avec une hausse de +2°C.

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L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a publié fin décembre une carte française du stockage de carbone dans les sols, qui viendra enrichir celle, mondiale, mise en place par le Partenariat mondial sur les sols de l’Organisation mondiale des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le carbone est plus abondant dans les régions forestières et fourragères (Bretagne, Est, Massif Central Normandie), en altitude ou dans les régions humides (ouest de la France, delta du Rhône). Les sols sont en revanche pauvres en carbone dans le Languedoc et le Roussillon, caractérisés par un climat chaud, des sols peu épais et une forte activité viticole.


Article précédemment publié le mardi 2 Janvier 2018 sur le site http://aid97400.lautre.net